mercredi 25 mai 2011

The Vox / Eric Legnini ; Franck Agulhon ; Thomas Bramerie ; Krystle Warren. - Anteprima, 2011

Un de mes musiciens de jazz favori ...
Un génial pianiste, compositeur et arrangeur que je suis attentivement chaque année. Cette fois-ci, il travaille en trio en explorant entre autres la soul-funk , un peu de jazz vocal et même des clins d’œil au groove du regretté musicien nigérian Fela.
Que du bonheur vous dis-je ! N’hésitez pas à écouter les autres …
Muriel, espace Musique & Cinéma

Niloufar / Ron Leshem ; Jean-Luc Allouche. - Seuil, 2011

Kami, jeune provincial venu étudier à l'université de Téhéran, loge chez sa tante, Zahra, ex-vedette de cinéma censurée par le régime islamique. Dans le microcosme de l'immeuble se croisent et se protègent
- Babak, l'homosexuel qui, un jour, disparaîtra sans laisser de traces,
- Madame Safoureh, qui s'invente un passé prestigieux et se refugiera au Japon.
Loin des regards malveillants, l'ordinateur de Kami et Internet leur ouvrent les portes du vaste monde, plus beau, riche de toutes les possibilités interdites.
Un monde virtuel dans une vie de ténèbres. À la fac, Kami rencontre Niloufar Khalidian, fille de la grande bourgeoisie, féministe engagée et première femme pilote de course. Elle entraîne le jeune homme dans les méandres souterrains de Téhéran : drogue, alcool, abandon du voile, livres interdits. Mais ne va-t-elle pas trop loin en défiant la norme religieuse ?
En décrivant les Iraniens aux prises avec leur quotidien, Ron Leshem établit un parallèle audacieux entre leur désarroi et celui de la jeunesse israélienne. Il nous livre un roman puissant, sincère, attachant. Livre hebdo
Joëlle, espace Adulte

Taledragger / T-Model Ford. - Alive Naturalsound records, 2011

T-Model reste, à 91 ans (!!!), toujours aussi brillant et nous offre un blues âpre comme on les aime. Attention, ici pas de blues FM, il s’agit d’une musique encore imprégnée des souffrances du sud des Etats-Unis avec sa rage et sa détresse.
J’espère à tous nos amis lecteurs d’être aussi créatif à cet âge : la musique serait-elle une cure de jouvence ?…
A méditer.
Muriel, espace Musique & Cinéma

Sincères condoléances / Erling Jepsen ; Caroline Berg. - S. Wespieser éditeur, 2011

Ce roman fait suite  au livre "L’art de pleurer en chœur".
On y retrouve les mêmes personnages, certains ont grandi tandis que d’autres ont vieilli.
Et l’un d’entre eux, le père vient de mourir. Ce père pervers…
Sa femme Mutti semble soulagée qu’il soit parti.
Maintenant elle retrouve  ses 2 enfants Sanne et Allan qui l’avaient délaissée depuis tant d’années.
Allan, auteur dramatique reconnu à Copenhague, est parvenu grâce à son écriture à se libérer du poids de l’enfance, enfance contrariée par ce père incestueux et cette mère lâche et trompeuse.

Allan et Sanne parviendront-ils à se réconcilier avec leur mère ?
Allan malgré ou à cause de ses textes va tenter de comprendre ce père mort, il va fouiller ce passé encore, pour découvrir une situation familiale plus obscure et plus dramatique que ce qu’il imaginait.
Folie, manipulation et culpabilité hantent ce roman. Comme le précédent  il ne laissera pas indifférent.
Béatrice, espace Adulte

Mali denhou / Boubacar Traoré. - Lusafrica, 2010

La guitare magique de ce musicien malien mêle avec bonheur les traditions mandingues et le blues notamment de Robert Johnson, "le père du blues", qui avait signé un pacte avec le diable et mourut très jeune. En tout cas, cette fusion Mali-blues ne peut que vous mettre du baume au cœur !
Muriel, espace Musique & Cinéma

L'art de pleurer en choeur : roman / Erling Jepsen ; Caroline Berg. - S. Wespieser éditeur, 2010

Erling Jepsen, dont c’est le premier livre traduit en français, nous livre le portait d’une famille de petits commerçants dans une ville rurale danoise des années 60.
Cette famille est un peu particulière : le père pour gagner un peu plus d’argent fait des discours lors des enterrements, il possède le pouvoir des mots.
Les affaires tournent mieux pour eux après un enterrement car dès que le cercueil est dans le trou, il prend la parole.
Ce père se voudrait tout puissant et cherche par tous les moyens une certaine notoriété. Aussi dès qu’il a des soucis à l’épicerie, avec ses voisins ou avec sa femme, il appelle sa fille Sanne de 14 ans pour l’apaiser.
Le petit frère de 11 ans, le narrateur, s’aperçoit du mépris de sa sœur pour son père, mais naïvement il lui demandera d’accepter d’aller le consoler.
Jusqu’au jour où Sanne décide  d’aller parler de l’inceste devant les caméras.

Cette ambiance familiale où pèsent des non dits, l’hypocrisie de la mère qui n’intervient pas et ce père jaloux et colérique rendent l’atmosphère difficilement acceptable.
Erling Jepsen parvient avec ce récit à nous montrer le degré de cruauté de chaque être humain de cette famille.
Son écriture juste et émouvante renforce la force de ce roman, que l’on n’oubliera pas de si tôt.
Béatrice, espace Adulte

samedi 30 avril 2011

Syngué sabour : pierre de patience / Atiq Rahimi. - POL, 2008


Quelque part en Afghanistan ou ailleurs (tant la souffrance et le malheur sont ce qui se partagent le mieux…) dans une maison détruite par les bombes une femme veille son homme.

Dans un coin, gisant dans une sorte de coma, elle lui parle. C’est à partir de la qualité du silence qui lui est imposé, sans plus craindre, ni jugement ni sentence, qu’elle va s’autoriser, à la prise d’une parole, de plus en plus libératrice.

Tantôt avec colère ou jubilation, elle libère ce qu’elle avait jusque là contenu. Elle nous livre sa part d’indicible, qui s’apparente alors à une authentique déconstruction.

Elle nous donne à entendre le sort de toutes ces destinées, qui comme elle, bien que vivantes, n’existent pas… ailleurs que dans la croyance et la tradition… ailleurs que dans le désir et le vouloir des hommes.

Elle nous rend compte que dans cette société, où le vivre avec n’existe pas, les femmes ne peuvent devenir autres choses que ce qu’ils veulent bien qu’elles soient.

Elle nous renseigne, à quel point, ils sont dans l’exercice d’un pouvoir d’actions mortifères qui ne partage pas, là ou elles sont dans celui d’un devoir d’adoration exclusif qui ne se discute pas et dans lequel se mêle, respect et culpabilité, au nom de la quête illusoire d’une reconnaissance impossible.

"On ne peut plus dormir quand on a une fois ouvert les yeux" nous dit Paul Eluard, ce livre illustre son propos à merveille et devrait contribuer à réveiller la part d’humanité, tapie
en chacun de nous.
Jean Louis Bouteila, lecteur